Puissance et dignité de Marie Ndiaye

UnknownMinute rédigée par Frédérique Doucet

 

Trois histoires, trois hommes, trois femmes, trois générations, trois drames familiaux sans autres liens entre eux que des allers retours entre la France et le Sénégal et la toute puissance masculine occupée, par tradition, maladresse ou cynisme, à opprimer les femmes.

Qu’ils soient noirs ou blancs, dans le livre de Marie Ndiaye, les hommes n’ont pas le beau rôle. Ils tentent de retenir dans leurs griffes des femmes qu’ils dominent en leur faisant sentir leur infériorité (premier récit), manipulent en se persuadant qu’ils le font pour leur bien, parce qu’ils les aiment (second récit), ou exploitent sans vergogne afin de réaliser leur rêve (dernier récit).

Les femmes, toutes trois sénégalaises, tour à tour révoltées ou soumises, révoltées et soumises, vont trouver en elles la force de garder ou de récupérer la dignité qu’ils auront, volontairement ou malgré eux, tenté de leur enlever.

C’est un roman qui surprend. Apparemment décousu, il est cependant sous tendu par une réflexion très forte sur la violence, sous toutes ses formes, dans les rapports humains et sur la manière d’y résister sans se perdre car, chez Marie Ndiaye, la puissance ne vient pas de la violence mais de la dignité.

C’est un roman qui marque et qui fait son chemin dans la mémoire.

Il donne de l’espoir, puisque les trois femmes humiliées des récits sont aussi celles qui donnent son titre à l’ouvrage : Trois femmes puissantes.

 

Marie Ndiaye, Trois femmes puissantes, Gallimard, 2009

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