Sur La discrète amoureuse de Lope de Vega, représentée au Théâtre 13.

Minute rédigée par Hélène Tropé

Je viens vous livrer mes impressions sur la représentation au Théâtre 13 de La discrète amoureuse, de Lope de Vega.

C’est là une parfaite illustration de cet « Arte de deshacer la comedia en este tiempo » : contre-sens dès la traduction du titre. Discreto, –ta ne signifie pas « discrète », et la dame est tout sauf discrète : elle est « intelligente », « avisée » et s’arrange pour faire sa cour au galant à l’insu du père de ce dernier et de sa propre mère… Il s’agit d’une traduction extrêmement modernisée du texte et d’une mise en scène ultra contemporaine de la pièce.

  La nature de la comedia est totalement dénaturée, le metteur en scène emmène toute la pièce vers le seul pôle comique, voire burlesque. C’est à une farce que nous assistons, très bien jouée et très enlevée, on ne s’ennuie pas. Et même de loin on reconnaît que c’est du Lope : intrigue amoureuse très bien ficelée, trépidante… retournements constants !

  Je crois que la nature de la comedia échappera à tout jamais aux Français pour qui le théâtre est tragique ou comique et non ce mélange propre à la comedia qui est inconcevable pour un metteur en scène français.

Conclusion : si on n’attend pas une traduction universitaire et une mise en scène « d’époque », on peut passer un bon moment. Les acteurs sont bons et de toute façon, l’intrigue est là, et là vraiment « es de Lope » ! Une représentation d’une pièce de Lope est assez rare à Paris pour qu’on se déplace, même si c’est une bouffonnerie (on rit beaucoup !). Et puis si vous y allez, nous pourrons échanger nos impressions !

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