Nous sommes heureux de vous convier à la prochaine séance du séminaire » Publics et spectateurs » qui aura lieu le 22 janvier 2026 et qui sera consacré aux spectacles de magie et de curiosités à l’époque contemporaine.
Séminaire « Publics et spectateurs »
dir. Claire Gheeraert-Graffeuille, Alice Sohier & Joann Élart
#2 > Spectacles de magie et de curiosités à l’époque contemporaine
Jeudi 22 janvier 2026, 16h30-18h
IRIHSn bât. 7C, salle des thèses
17, rue Lavoisier, 2e étage
Campus Mont-Saint-Aignan
ou à distance : https://webconf.univ-rouen.fr/greenlight/ela-adk-03f-qu9
Johanna Daniel, INHA
Enquêter sur les spectacles dits marginaux : dépasser les monographies locales pour enquêter sur les trajectoires. Sources et méthodes.
L’étude des spectacles forains et de curiosités des XVIIIe et XIXe siècles connaît actuellement un renouvellement historiographique important (Triolaire et al., 2023). L’offre de spectacles dits « marginaux » (marionnettes, acrobaties, musique de rue, monstrations de curiosités, cirque) peut être saisie à travers diverses sources (autorisations de police, annonces de presse, éphémères publicitaires, etc.) qui ont nourri des approches longtemps sectorielles (par typologies de spectacles) et/ou locales (à l’échelle d’une ville ou d’une région). Le développement des outils numériques et les possibilités offertes par le travail collaboratif permettent d’envisager un changement d’échelle, en éclairant les circulations territoriales, les réseaux interpersonnels et les trajectoires individuelles. En ce sens, la base Spectacles de curiosités portée par la MSH Clermont-Ferrand rassemble de précieuses données : elle documente les déplacements de quelque 17 000 individus vivant de ces activités spectaculaires marginales au cours du XIXe siècle. Les principales sources mobilisées sont ici les passeports de l’intérieur (Daniel, 2020 ; Bourdin et Triolaire, 2024). La communication présentera cette base de données, ses sources et ses principes de constitution. Dans un second temps, des cas d’exploitation seront exposés en lien avec les travaux actuels de l’intervenante portant sur les spectacles optiques et mécaniques, ainsi que sur la détection de réseaux d’invidus (recherche menée avec Martin Grandjean, UNIL).
Johanna Daniel est docteure en histoire de l’art. Sa thèse, menée à l’université Lumière Lyon 2 sous la direction de Sophie Raux s’intitule « Jouir du plaisir de voir les lieux les plus célèbres, presque aussi exactement qu’en voyageant » La vue d’optique gravée en Europe (1760-1799). Dans ce cadre, elle a été amenée à s’intéresser aux spectacles d’optique et a rejoint l’équipe du projet Spectacles de Curiosités. Elle est actuellement post-doctorante à l’Institut national d’Histoire de l’Art, où elle mène une recherche sur les pratiques d’édition et d’annotation numérique des images en histoire de l’art et archéologie. Ses travaux sont disponibles sur HAL : https://cv.hal.science/johanna-daniel Elle alimente également un carnet de recherche personnel : https://ig.hypotheses.org/
Lise Jankovic, ERIAC
À l’écoute de la magie : la magie de l’écoute (XIXe-XXe siècles)
À l’appui du corpus des comédies de magie et du foisonnant répertoire illusionniste du XIXe siècle en Espagne, il s’agira d’identifier un territoire du son et de l’écoute dans la magie spectaculaire. Dans le sillage des Sound Studies, ou « tournant accoustique » (Pinch & Bijsterveld : 2011 ; Sterne : 2012, 2015), l’enjeu sera de se détacher d’une fascination pour l’aspect visuel de la magie sur scène afin de se pencher sur ce qui relève de son « passé audible », porte d’entrée particulièrement riche pour comprendre les sociétés dans lesquelles elle est immergée. L’ambition de cette réflexion est d’ouvrir un champ de recherche interdisciplinaire exclusivement centré sur l’« espace aural » (Larrue & Mervant-Roux : 2016) de la magie à l’époque contemporaine et de contribuer ainsi à une histoire des attentes et de l’attention (Goetschel & Yon : 2014).
Lise Jankovic, ancienne membre de la Casa de Velázquez, est MCF de civilisation espagnole contemporaine à l’Université de Rouen Normandie, membre statutaire de l’ERIAC et membre associée du CREC (Paris 3). Sa thèse, dirigée par M. le Professeur Serge Salaün et soutenue à Paris 3 Sorbonne Nouvelle en 2014, porte sur la comédie de magie espagnole aux XIXe-XXe siècles. Lise Jankovic a consacré la plus grande partie de ses travaux aux mondes du spectacle français et espagnol. Sa recherche porte plus largement sur l’histoire culturelle de l’Espagne aux XIXe-XXe siècles. À paraître, au printemps 2026, chez Iberoamericana

