Loin du monde, près des hommes

Minute rédigée par Frédérique Doucet

Jeune, dents serrées, visage fermé, on ne sait rien de lui sinon qu’il s’appelle Thomas et qu’il a failli mourir d’une overdose.

Face à lui, un homme mûr à l’accent italien lui explique les conditions de sa nouvelle vie. Dans ce centre, au cœur des montagnes non loin de Grenoble, pas de sevrage progressif, pas de médicaments de substitution pour alléger la douleur. On se désintoxique par le travail, la parole et la prière.

Le travail : il est très physique. Couper du bois, participer aux travaux des fermes environnantes ; parfois absurde : creuser un trou pour le reboucher, juste destiné à fatiguer le corps pour soulager l’esprit.

La parole : c’est celle des camarades d’infortune qui, peu à peu, deviennent des amis. On se réunit, on témoigne de ses difficultés et de ses progrès. Ici, Thomas n’est jamais seul. Pierre, son parrain, l’accompagne, le soutient et le guide. Tous ici, y compris le « directeur », ont connu le même parcours. Tous savent combien la solidarité et la bienveillance ont d’importance pour s’en sortir. La spiritualité aussi. C’est là qu’intervient la prière. Elle rythme les journées. Pour Thomas, au début, c’est un artifice. Ensuite, il s’accoutume au rituel qui finit par lui faire du bien.

Le jeune rebelle s’adoucit, s’humanise, s’ouvre aux autres et, à son tour, aide les nouveaux venus dans le foyer.

C’est comme un chemin de rédemption que va parcourir Thomas tout au long du film de Cédric Kahn. Une lumière éclaire le bout du tunnel vers lequel il se dirige avec, pour la première fois sur son visage, un sourire.

Cédric Kahn, La Prière, film français sorti en salle en mars 2018.

 

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