Les amours imaginaires de Xavier Dolan ou quand l’imagination prend le pouvoir

Minute rédigée par Frédérique Doucet

UnknownDans son deuxième opus, Les amours imaginaires, le jeune cinéaste canadien Xavier Dolan s’interroge sur le pouvoir de l’imagination lorsque celle-ci est liée à l’amour.

Dans ce film hybride, des scènes documentaires alternent avec la fiction et les deux genres s’éclairent mutuellement. Des jeunes gens et des jeunes filles racontent leur liaison puis leur rupture face à la caméra qui les serre au plus près. Ils disent tous comment l’image fantasmée qu’ils avaient de l’être aimé s’est heurtée à sa réalité et a fini par la détruire. Parallèlement, nous suivons l’histoire de trois personnages : Francis (joué par Xavier Dolan) et Marie, deux camarades dont la relation est mise en péril lorsqu’ils rencontrent Nicolas, éphèbe blond et bouclé à la bonne situation et au sourire enjôleur. Nico entretient et semble encourager une relation platoniquement ambiguë avec les deux amis qui tombent amoureux de lui.

Francis et Marie ont pourtant chacun un petit ami amoureux et attentionné. Cette relation réelle les laisse cependant insatisfaits. Ils se montrent blessants et lointains envers ceux qui les chérissent.

La relation de Francis et Marie se détériore aussi. La compétition et la jalousie prennent le pas sur leur amitié. Qui sera l’élu(e) dans le cœur de Nico ? Voilà tout ce qui les préoccupe, et ils iront jusqu’à se battre physiquement pour cela. Cette bagarre va sonner le glas d’une relation que Nicolas regarde désormais de haut, comme l’arbitre d’un match dont l’issue lui importe peu. Il abandonne le terrain de jeu, laissant les deux victimes de ces amours imaginaires en proie à leurs tourments.

Près d’un an plus tard, Francis et Marie semblent avoir retrouvé leur équilibre et formé un nouveau trio, avec une fille cette fois. Lors d’une soirée, Nico réapparaît et ses deux ex-adulateurs le toisent, l’air vexé et vengeur « qui est cette rockabilly qui a l’air d’une goule de Cracovie », mais… la dernière scène du film, brève et en suspend, laisse à penser que la forteresse de la réalité devra encore livrer combat face aux chevaliers de l’imagination dont les armes, pour être irréelles, n’en sont pas moins efficaces.

Xavier Dolan, Les amours imaginaires, Canada, 2010.

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