DISTINCTION
Claudio Rodríguez Fer (Lugo, Galice, 1956), poète, essayiste et critique littéraire, et professeur à l’université de Saint Jacques de Compostelle (antenne de Lugo) a été élu à l’Académie Européenne des Sciences et des Arts, qui siège à Salzbourg (Autriche), lors de la session tenue le 7 mars 2026. C’est évidemment un hommage qui est rendu à l’œuvre d’un comparatiste infatigable, dont les travaux couvrent un domaine immense au-delà du celtisme auquel il s’intéresse avant même ses séjours en Bretagne. En effet, il a été Professeur invité dans plusieurs universités (Rennes-Haute Bretagne, Université de Bretagne Sud à Lorient, université de New York, Académie Mihail Eminescu de Bucarest). Il est l’auteur d’une vingtaine de recueils de poésie en langue galicienne, de récits et d’une pièce de théâtre Les couturières. Mais il a aussi contribué à la connaissance des œuvres de grands auteurs galiciens comme Ánxel Fole, Castelao, Rafael Dieste, Álvaro Cunqueiro, Luis Pimentel, Ricardo Carballo Calero, Méndez Ferrín. Ses essais ne se limitent pas à la production galicienne, mais il a étudié d’autres auteurs comme Pablo Neruda, Borges, Dostoievsky. Il est Président de la Chaire José Ángel Valente, une figure majeure de la génération de 1950, à laquelle il a consacré de nombreux articles de critique.
Il est donc récompensé pour une œuvre critique immense qui s’inscrit dans une forme de comparatisme qui vise à établir les systèmes d’interconnexion et d’interculturalité, qui rappelle la théorie du polysystème d’Even-Zohar reprise par Antón Figueroa et Xan González-Millán. Nous renvoyons, à cet égard au livre que Claudio avait publié aux éditions do Castro Acometida atlántica (1996). Claudio Rodríguez Fer dirige aussi la revue littéraire de l’université de Saint Jacques de Compostelle Moenia et en collaboration avec son épouse Carmen Blanco les cahiers interculturels Unión libre.
On ne saurait passer sous silence son militantisme en faveur de la défense de la mémoire historique, puis qu’il est Président de l’Association pour la Dignité des Victimes du Franquisme en Galice et la reconnaissance des droits des vaincus. Une partie de sa production poétique est inspirée par les raisons d’un combat au nom de la justice et la démocratie. Un poème comme « Mémorial des fosses de Lugo » condense le martyrologe de la Galice, et d’une manière plus générale la dénonciation de l’odieuse répression qui s’est abattue sur les Républicains espagnols. Devenir membre de l’Académie Européenne des Sciences et des Arts, qui compte parmi ses 2000 membres, 38 Prix Nobel signifie que les élus adhèrent à une politique de tolérance et de solidarité. Claudio Rodrígez Fer est donc reconnu par cette institution européenne pour son esprit d’ouverture et de justice.
Claude LE BIGOT
